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    globeCarnets de soutenances

     

    Changements hydroclimatiques et transformations de l’agriculture :
    l’exemple des paysanneries de l’Est de la Côte d’Ivoire



    DABISSI NOUFE

     

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    Cette étude s’est construite autour des enjeux spatiaux entre actions humaines et dynamiques environnementales. Elle vise à comprendre les mutations de l’agriculture dans le contexte des changements climatiques actuels dans l’Est ivoirien (Fig. 1), une zone d’agriculture marchande et d’économie de plantation ancienne.

    Situé sur la frange est du pays, entre les latitudes 5° et 9°N, et les longitudes 4° et 2°W, l’Est ivoirien s’étend sur environ 75 000 km², soit près de 25 % du territoire national. De par son étalement en latitude, cette zone est assez représentative des grands ensembles biogéographiques de la Côte d’Ivoire. Par rapport au versant ouest, il est dominé par des surfaces planes ; cette particularité s’accompagne d’autres caractéristiques non moins importantes : une grande diversité des sols sur schistes et sur substrats granitiques, une végétation allant de l’exubérance des forêts tropicales au sud, au clairsemé des savanes pré-forestières au nord, en passant par les forêts mésophiles en zone de transition ; mais ces formations sont aujourd’hui transformées par l’homme. Du nord au sud, le climat accentue cette originalité ; car bien que subissant les vicissitudes climatiques des zones-limites, l’Est ivoirien jouit d’une variabilité pluviométrique modérée, comparée au domaine soudanien, stricto sensu. Cette moindre variabilité pluviométrique explique la quasi-permanence de l’eau, drainée par un des plus importants fleuves du pays : la Comoé et son bassin versant d’environ 78 000 km2, qui parcourt la zone du nord au sud, sur près de 1 160 km.

    Toutefois, dans le contexte de « crises et de mutations » actuelles, la mise en évidence des relations complexes entre climat et agriculture permet (ici) de s’interroger sur la place des changements climatiques sur la production et les systèmes de production : dans quelle mesure les changements climatiques actuels influent-ils sur les systèmes de culture ? Quelle part revient aux changements climatiques et quelle part relève d’autres déterminants ? Comment s’élaborent les stratégies d’adaptation des acteurs impliqués ?

    Pour répondre à cette série de questions, j’ai eu recours à une approche transversale qui intègre les enquêtes et les observations de terrain, les outils statistiques de traitement et d’analyse, les Systèmes d’Information Géographique et les outils de modélisation. L’objectif principal est d’appréhender globalement les interactions complexes entre les ressources naturelles et les usages des principaux acteurs.

    Figure 1 : La localisation de la zone étudiée en Côte d’Ivoire et les principaux domaines climatiques associés


    (Source : adapté de Google earth ; conception et réalisation : Noufé)

    Ainsi, à travers l’étude de la variabilité climatique considérée comme un des « moteurs » des dynamiques agricoles et paysagères, il est montré que dans une certaine mesure ici, le climat a joué un rôle prépondérant dans la mise en place des systèmes de production du passé et du présent, et donc dans l’évolution des paysages. Mais contre toute attente, il en résulte que les modifications climatiques profitent principalement aux cultures annuelles, notamment aux vivriers tels que le maïs, et permet à des cultures arbustives tel que l’anacardier de s’étendre. Cependant, la précarité des systèmes de production dont les techniques n’ont pas fondamentalement varié, est surtout à mettre en relation avec les effets combinés de la saturation foncière, des « politiques agricoles » et des besoins chroniques de trésorerie des paysanneries, face à une économie de plantation largement tributaire des cours mondiaux. Mais le pire n’étant jamais certain, des stratégies sont élaborées par les paysanneries, en vue de répondre aux crises « multiformes» actuelles, surtout à l’effondrement des cours des anciennes spéculations telles que le café et le cacao. De même, le développement de la pluriactivité, les diversifications et les reconversions vers de nouvelles spéculations tels que l’hévéa et les vivriers marchands essentiellement destinés aux villes, répondent de ces initiatives paysannes spécifiques. Une certaine frénésie pour les friches à C. Odorata, et surtout pour les bas-fonds humides jusque-là peu ou pas exploités à des fins agricoles, s’empare alors des campagnes. Ce changement dans l’affectation de l’espace s’accompagne de compétitions foncières intenses qui avantagent une certaine élite urbaine, qui essaie de préparer sa retraite dans les plantations, notamment dans l’hévéaculture. On assiste enfin de compte à des recompositions sociales et spatiales qui, compte tenu des urgences du moment, laissent très peu de place à la protection des ressources naturelles.

    La présente étude décrit, analyse les processus ainsi déclenchés, s’interroge sur leur devenir, et propose des voies pour une agriculture soutenable sur la base d’une combinaison vertueuse des ressources naturelles et des catégories sociales impliquées. Car, alors que les priorités de l’Etat devraient s’inscrire en synergie des innovations paysannes spécifiques, en vue d’éliminer leur part d’arbitraire humain et hâter les transitions agraires nécessaires, elles semblent plutôt ailleurs, surtout par ces temps d’interrogations et d’incertitudes que traverse la Côte d’Ivoire.


    Fiche informative

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    Discipline

    Géographie (Spécialité : Environnement, Eau & Société)

    Directeurs

    Jean-Louis CHALEARD et Eric SERVAT

    Université

    Paris 1 Panthéon-Sorbonne PRODIG UMR 8586 CNRS, Paris 1, Paris IV, Paris 7, ephe /HSM, UMR5569

    Membres du jury soutenue le 14 juin 2011

    Gérard BELTRANDO, Professeur Université de Paris 7 (Président du jury)
    Alphonse YAPI-DIAHOU, Professeur, Université de Paris 8 (Rapporteur)
    Télesphore BROU YAO, Professeur, Université d’Artois (Rapporteur)
    Jean-Louis CHALEARD, Professeur, Université de Paris 1 (Directeur)
    Eric SERVAT, Directeur de Recherches, IRD-Montpellier (Directeur)
    Bruno LIDON, Chargé de recherches, CIRAD-Montpellier (Examinateur)

    Situation professionnelle actuelle

    Enseignant chercheur à l’Ecole Normale Supérieure (ENS) d’Abidjan.

    Contact de l’auteur

    dnoufe@hotmail.com

     

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