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    globeCarnets de soutenances

     

    Regards géographiques sur la mondialisation halieutique
    L’altermondialisation et les formes de résistances des « pêches artisanales »

    JULIEN NOEL

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    Si de nombreuses recherches en sciences sociales s’intéressent au cours de ces dernières années à l’émergence d’une coalition sociale originale dénommée « altermondialisation », les travaux géographiques sur cet objet restent relativement marginaux. Or les géographes nous semblent à même d’apporter leur éclairage disciplinaire – tant spatial que scalaire – dans l’analyse de cette nouvelle mouvance sociale de contestation au processus de mondialisation libérale. Parmi les diverses formes de résistance et la multitude de mouvements participatifs de cette mouvance altermondialiste, nous avons choisi de poser notre regard géographique sur une composante particulière de cette méso-mobilisation, en centrant nos recherches sur les interactions entre le processus de mondialisation et le champ halieutique. Si le premier terme peut être appréhendé comme un processus reposant sur des représentations sociétales induisant une interconnexion scalaire et spatiale ainsi qu’un bouclage géographique inégal à l’interface Nature-Société, le second se comprend dans notre réflexion comme l’ensemble des activités aquatiques d’exploitation et de production de ressources vivantes (pêche et aquaculture).

    Notre problématique de thèse s’attache à examiner comment les systèmes de pêche artisans, constitutifs d’un mouvement contestataire propre au champ halieutique, sont amenés à se réapproprier durablement les espaces halieutiques dans un géosystème halio-aquacole globalisé et inégalitaire.

    Pour ce faire, trois hypothèses structurent notre raisonnement :
    - De quelle mondialisation halieutique parle-t-on ? Comment ce processus interagit-il dans la filière halio-aquacole ? Quels dysfonctionnements spatiaux peut-on observer ?
    - Quelles sont les formes de résistance au processus de mondialisation proposées par ces pêches artisanales ? Quels en sont les acteurs ? Comment s’organisent-ils dans l’espace ? Quelles stratégies mettent-ils en œuvre ? Quelles dynamiques traversent-ils ?
    - Quelle durabilité géographique envisagée/envisageable pour l’halieutique ? Les stratégies globales de « verdissement » opérées sur cette filière sont-elles durables ? Quelles initiatives sont mises en œuvre par les altermondialistes halieutiques ? Sont-elles pertinentes sur le plan territorial ? Par ailleurs, afin de mieux comprendre le plus finement possible l’ensemble des interactions existantes entre le processus de mondialisation et le champ halieutique, deux terrains militants font l’objet d’une analyse comparée dans le cadre de nos travaux : la pêche artisanale française d’un côté et la pêche traditionnelle malgache de l’autre.

    Le premier apport de nos recherches insiste sur le passage d’une mondialité halieutique, faite d’espaces-monde diversifiés, à un véritable système-monde aquatique. La double extension et expansion géographique des activités halio-aquacoles à l’échelle mondiale, corrélée à leur accentuation et leur intensification dans l’espace, concourt à une globalisation de la filière aquatique, qui n’est pas sans liens forts avec les dynamiques du système capitaliste. D’essence marchande et profondément asymétrique, cette globalisation génère de multiples déséquilibres spatiaux et inégalités socio-spatiales, tant en termes d’exploitation que d’accès et de partage des ressources (espèces et espaces).

    Face à ces nombreux dysfonctionnements, les altermondialistes de l’halieutique développent, et c’est l’objet du deuxième apport de ce travail, des dimensions spatiales bien singulières. Sur le plan des pratiques, les spatialités mises en œuvre par ce système réticulaire d’acteurs (ONG d’appui et syndicats) se caractérisent par une triple production de l’espace (information, contestation, autonomie). Les militants développent aussi un jeu d’échelle ancré dans le « glocal » faisant d’eux de véritables « cosmopolites enracinés ». La dynamique altermondialiste reste toutefois confrontée à trois grandes discontinuités – globalité spatiale, popularité sociale et crédibilité politique –, soulignant ainsi les fractures idéologiques (réformisme, anti-impérialisme...) et scalaires (local, transnational...) auxquelles reste confronté l’altermondialisme halieutique dans ses représentations spatiales.

    Dans un monde halio-aquacole désormais globalisé et dans lequel de puissantes stratégies de « verdissement » de la filière prennent place (gestion écosystémique, écolabellisation...), les altermondialistes halieutiques tentent d’instaurer des politiques de durabilité axées sur un développement davantage territorialisé. Ainsi, le troisième apport de cette thèse souligne que les actions de réappropriation socio-spatiale engagées en amont (exercice du pouvoir dans un espace pluriscalaire de gouvernance) et en aval (dynamique de patrimonialisation par valorisation identitaire) sont autant de signes politiques et culturels manifestes d’un processus naissant de (re)territorialisation qui correspond au besoin proximité et d'enracinement locaux de ces militants.

    Forts de ces apports géographiques sur le processus de mondialisation halieutique mais aussi sur les modes de (ré)appropriation de l’espace mis en œuvre par les mouvements sociaux, il y a évidemment une place pour une géographie prospective de l’altermondialisation. Une des applications les plus encourageantes de ce travail de thèse, outre l’approfondissement de nos recherches sur d’autres lieux constitutifs de l’altermondialisation halieutique, reste sans aucun doute l’extension de nos réflexions à d’autres mouvements sociaux, en particulier celui de l’altermondialisation paysanne. En effet, ces deux groupes de producteurs alimentaires nous semblent communément engagés dans une double quête de réappropriation du pouvoir (gestion, gouvernance) et de leur identité (patrimonialisation, valorisation).


    Fiche informative


    Thèse disponible en ligne http://tel.archives-ouvertes.fr/tel-00580042/fr/

    Discipline

    Géographie

    Directeur

    Jacques Guillaume

    Université

    Institut de géographie et d’aménagement régional de l’Université de Nantes (IGARUN) Laboratoire Géolittomer – UMR 6554 LETG CNRS

    Membres du jury de thèse, soutenue en janvier 2011

    - Jacques Guillaume (Pr), Université de Nantes, Directeur de thèse
    - Christian Bouquet (Pr), Université de Bordeaux 3, Rapporteur
    - Sylvie Brunel (Pr), Université de Paris 4, Rapporteur et Présidente
    - Jean-Pierre Corlay (Pr honoraire), Université de Nantes, Examinateur
    - Alain Le Sann (Agrégé d’histoire), Collectif Pêche & Développement de Lorient, Examinateur

    Situation professionnelle actuelle

    Vacataire à l’IGARUN
    Chercheur associé au laboratoire Géolittomer – UMR 6554 LETG CNRS

    Contact de l’auteur

    julien.noel@univ-nantes.fr

     

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