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    globeCarnets de soutenances

     

    LES PETITES VILLES DES ESPACES INTERSTITIELS :
    Comparaison entre le Sud Massif Central et la Castille/Haute Estremadure
    (Provinces de Salamanque, Avila et Caceres)




    MARIE-EVE FEREROL

     

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    « Peur des villes et passéisme rural entretiennent des utopies dangereuses. Il y a urgence à instituer la ville sur son nouveau territoire, le pays ou la région urbaine » (WIEL, 1998). C’est ce que nous avons essayé de faire, modestement, en nous focalisant sur la petite ville, « parent pauvre de la géographie urbaine » (EDOUARD, 2008). De nos jours, ce thème de la petite ville est de plus en plus d’actualité car, pendant longtemps, la recherche s’est davantage focalisée sur le niveau supérieur de la hiérarchie urbaine, d’où un déficit d’études sur les niveaux inférieurs (appel à communication du colloque de Tours, « Villes petites et moyennes, un regard renouvelé », déc. 2010).

    L’hypothèse centrale de notre thèse récusait la vision pessimiste que beaucoup avancent lorsqu’ils parlent de ces entités urbaines situées dans les espaces "interstitiels", "fragiles" suivant les propos. Et nos recherches nous ont donné raison. Certes, les petites villes (2000-20000 habitants) sont situées dans des espaces aux handicaps nombreux mais cela ne signifie pas qu’elles soient entachées des mêmes difficultés.

    Nos deux supports d’étude ont été pour cette thèse le sud Massif Central (carte n°3) et les provinces de Salamanque, Avila dans le sud-ouest de la Castille-León et celle de Càceres en Haute-Estrémadure (carte n°64). Au sein de ces territoires, les petites villes représentent respectivement 85% (62 villes/73) et 92% (52/56) des noyaux urbains.

    Cinq problématiques principales ont sous-tendu notre recherche. Premièrement, quelle est l’aptitude des petits organismes urbains à générer de la périurbanisation ? Deuxièmement, les petites villes des espaces interstitiels sont-elles aussi marginales que leur support spatial ? Cette problématique renvoie aux spécificités démographiques et fonctionnelles. Troisièmement, les petites villes sont-elles des pivots centraux de l’organisation des territoires en étant au centre de bassins de vie (bassins d’emploi, de chalandise) ? Les recompositions territoriales, comme la mise en intercommunalité ou la constitution de pays, permettent-elles de garantir la position des organismes urbains des espaces sensibles ? Quatrièmement, la théorie de Christaller selon laquelle le territoire est représenté par une image pyramidale, avec des villes qui vivent en symbiose avec leur arrière-pays est-elle encore pertinente ? Enfin, comment les petites villes réagissent-elles dans un contexte métropolitain et mondialisé ?

    Pour répondre aux problématiques énoncées, nous avons pensé que la solution la plus pertinente passait par la recherche comparée. Comparer, c’est relever des différences et des points communs. Nous avons fait cet exercice à deux niveaux : nous avons d’abord effectué une comparaison temporelle afin de souligner les traits invariants de certaines caractéristiques et afin de répertorier les impacts potentiels de la mondialisation et de la métropolisation. Cette comparaison temporelle a été ensuite complétée par une comparaison dans l’espace. Nous avons mis en parallèle les petites villes françaises entre elles mais également les villes françaises et espagnoles. Lorsque l’on compare, une autre question se fait jour : combien d’unités comparer ? Les statistiques utilisées étant relativement simples, nous avons décidé d’être exhaustive. Par contre, pour des raisons financières et temporelles, il nous a été impossible de visiter l’ensemble de ces villes.

    Par ailleurs, notre démarche s’est inscrite dans la théorie des lieux centraux. Le phénomène urbain est en effet partie liée avec la figure de la centralité. Ce concept de centralité désigne plus précisément la capacité d’un lieu à polariser l’espace qui l’entoure, grâce aux activités et équipements qu’il concentre. Un processus dynamique se met en place, avec un jeu de concurrences plus ou moins fortes. L’étude de la centralité porte à la fois sur la mesure du degré de polarisation, en observant l’extension de l’espace concerné et sur la capacité d’un lieu de générer, créer ou intensifier sa centralité par le rôle des acteurs et les politiques mises en place. Cette étude de la centralité se fera précisément à trois niveaux : local lorsqu’il s’agit de la recomposition interne des lieux de centralité ; régional lorsqu’il s’agit d’évoquer la théorie christallérienne ou lorsque de nouveaux territoires politiques (par ex., les pays) se forment ; enfin, national lorsque nous traiterons des petites villes comme centres productifs au sein du nouvel espace économique.

    De facture classique, notre doctorat peut servir à alimenter les réflexions sur les structures intercommunales françaises et sur une urbanisation respectueuse du développement durable. Nous avons montré que la petite ville d’aujourd’hui s’est dilatée et possède une auréole de banlieue et de communes périurbaines. Les habitants des banlieues se reconnaissent eux-mêmes dans ce système puisque 60% affirment appartenir à la petite ville (source : questionnaire postal). Plus que les habitants, ce sont les élus de l’espace rural qui montrent encore des réticences à s’unir avec la ville, qu’elle soit petite ou moyenne. Pourtant, les politiques de développement futures seraient plus adéquates si elles prenaient en compte un même ensemble, formé de la petite ville et des communes les plus dépendantes. Les Espagnols, comme d’autres Européens, ont déjà fait leur réforme communale, pourquoi pas les Français ?

    Tout au long de notre doctorat, nous avons travaillé sur les bassins de vie qui se dessinent autour des petites villes et nous avons abouti à la conclusion que les pays (loi Voynet) recouvrent des périmètres pertinents pour mettre en place des politiques cohérentes. Le DGS de la ville de Sarlat, S. BUSSONE, va dans notre sens quant il dit : « Nous sommes favorables, au Syndicat National des Directeurs Généraux des Collectivités Territoriales, à ce que les territoires de projet – les pays en particulier- soient retenus comme périmètres des futures intercos » (14/03/2011, Gazette des Communes). Malheureusement, en France, cet outil a été détourné au profit des communes rurales. Or, dans certaines Communautés Autonomes espagnoles, les comarcas (l’équivalent des pays) fonctionnent bien.

    Enfin, penser la ville durable, ce n’est pas seulement réfléchir au très petit comme les écoquartiers, mais aussi au grand comme les bassins de vie. Rendre les villes plus compactes, développer les circuits courts est possible à travers les structures comme les pays (si le périmètre du SCOT est identique). Renforcer les petites villes comme pôles d’expansion urbaine rentre dans le cadre d’une urbanisation raisonnée. Cependant, toutes ne peuvent pas en être les pivots. Pour certaines, le dynamisme démographique, économique s’est tellement estompé qu’il n’y a guère d’espoir. Il serait donc plus opportun de favoriser les centralités existantes dans le cadre d’une politique volontariste du territoire.

    Le cadre physique et les unités urbaines du territoire



    Fiche informative

    Discipline

    Géographie

    Directeur

    Franck CHIGNIER-RIBOULON, Professeur de Géographie, Clermont II

    Université

    Université Blaise Pascal – Clermont II

    Membres du jury

    Yves CHAPPOZ, Professeur en Sciences de Gestion, Lyon III, président du jury
    J-Charles EDOUARD, Professeur de Géographie, Clermont II
    Michel GUERIN, Directeur Départemental Adjoint à la DDT Lozère
    Régis GUILLAUME, Professeur de Géographie, Toulouse Le Mirail, rapporteur
    André HUMBERT, Professeur émérite de Géographie, Nancy II, rapporteur

    Situation professionnelle actuelle

    Qualifiée maître de conférence – février 2011

    Contact de l’auteur

    mefererol@wanadoo.fr

     

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