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    globeCarnets de soutenances

     

    DE L’ARC A L’ESPACE ATLANTIQUE EUROPEEN.
    REFLEXIONS METHODOLOGIQUES A PARTIR D’UN TERRITOIRE EN CONSTRUCTION



    OLIVIER BALBASTRE

     

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    L’objectif du travail de thèse soutenue en juin 2010 consiste à interroger la capacité de la façade atlantique européenne à se muer, à l’échelle continentale, en macro-territoire. Il s’agit d’observer la trajectoire empruntée par un ensemble géographique, transnational et interrégional, depuis 1989. En revendiquant leur spécificité de façade maritime, les acteurs de cette dynamique atlantique ont œuvré pour ne pas marginaliser leurs territoires vis-à-vis d’un Centre européen toujours plus concentré.

    Territoire, territorialité, maritimité sont donc les clés de voûte de cette recherche qui s’ancre dans la nouvelle géographie régionale définie par Ferras (2004) : penser la région comme un champ résultant d’interactions spatiales, une idée variable selon les perceptions, changeante selon l’imbrication des échelles spatiales, comme une entité reconnue institutionnellement, évolutive et perfectible, comme pouvant se révéler territoire.

    Problématique et hypothèses

    La question centrale est : l’espace atlantique européen est-il en voie de territorialisation ? De cette genèse éventuelle d’un territoire atlantique découlent trois hypothèses.

    Premièrement, l’espace atlantique reste un géographisme, une vue de l’esprit, renvoyant ces territoires en une périphérie de plus en plus dépendante. Deuxièmement, il permet aux territoires atlantiques d’être unis pour atteindre un seuil efficace de visibilité et d’audibilité. Ce lobbying est circonscrit à la défense de quelques points précis pouvant mener à une dissociation. Enfin, troisièmement, l’espace atlantique s’élève au rang de territoire européen intégré, centré sur une façade maritime réhabilitée, prétendant à devenir une zone d’intégration économique mondiale.

    L’amplitude assez radicale des trois hypothèses balaie le spectre des possibilités d’une territorialisation en cours, laissant évidemment place à la nuance. En filigrane, et de manière plus globale, cette problématique constitue une focale sur les effets de la politique de construction européenne qui cherche à gommer l’effet barrière des frontières en suscitant, par l’attrait financier, les coopérations transfrontalières.

    Formation socio-spatiale : outil méthodologique

    La trame méthodologique utilisée pour évaluer le processus de territorialisation de l’espace atlantique est la formation socio-spatiale. A la fois outil et concept, elle canalise et cadre notre approche. Ce choix se réfère à deux éléments qui justifient son emploi tel que le définit Di Méo (1998) : une volonté politique affichée et un nom. En effet, la dynamique atlantique résulte d’une résolution des présidents des régions des Pays-de-la-Loire et de Bretagne à fédérer autour d’un nom aussitôt médiatisé : l’Arc atlantique. Ainsi, la structure de la thèse est conçue par le questionnement successif de l’objet d’étude via les différentes instances qui tissent la formation socio-spatiale.

    Cette dernière interpelle tout d’abord l’infrastructure de l’espace atlantique qui regroupe les instances géographique et économique. En fonction de l’évolution socio-économique depuis vingt ans des territoires atlantiques, deux questions s’affirment : un renforcement des liens entre territoires a-t-il eu lieu ? Les territoires atlantiques ont-il toujours un profil de périphéries à l’échelle européenne?

    La formation socio-spatiale s’intéresse ensuite à la superstructure territoriale autour des instances idéologique et politique. En termes d’idéologie, il est difficile sur un tel espace transnational d’exposer ou de comparer des représentations. L’omniprésence de la racine commune, symbolisée par le terme « atlantique », a retenu notre attention par l’étude de sa distribution géographique en tant que toponyme, odonyme, ainsi qu’en tant que vecteur de marketing territorial. La question est la suivante : le terme atlantique est-il présent de façon homogène, affublé de la même signification, sur l’ensemble de la façade maritime européenne ? Enfin, la dernière partie est consacrée à l’instance politique, envisagée à travers la notion de champ. Deux directions sont poursuivies : le champ des institutions et celui des coopérations. Ce dessein se résume par le questionnement : Quels sont les acteurs moteurs de la dynamique atlantique ?

    Au-delà de révéler l’émergence d’une formation socio-spatiale atlantique, dans laquelle toutes les instances s’imbriqueraient dans une sorte de symbiose utopique, il s’agit de visualiser les rouages d’une dynamique territoriale, en tentant d’en dévoiler les lignes de force et les lacunes.

    Aire géographique : quelle façade atlantique européenne ?

    La délimitation de l’objet d’étude nous oblige à définir les régions constitutives de la façade atlantique européenne. Deux institutions prépondérantes à la nature différente interviennent dans notre argumentaire : l’Arc atlantique et l’Espace atlantique.

    L’Arc atlantique est une association de régions administratives européennes, s’inscrivant en 1989 au sein de la Conférence des Régions Périphériques et Maritimes, par la volonté du milieu politico-économique de l’Ouest français. Pour ses régions membres, l’adhésion est une opération intentionnelle, formalisée par le paiement d’une cotisation annuelle, ce qui provoque un ciselage territorial de la façade maritime européenne.

    Le périmètre de l’Espace atlantique est validé par les institutions européennes au sein de la politique régionale. Il provient du programme Interreg « Espace Atlantique » qui finance des projets de coopérations entre plusieurs partenaires localisés dans cette aire. A l’inverse de l’Arc atlantique, l’Espace atlantique admet une continuité géographique même si cette cohérence varie au gré des périodes de programmation. Les régions éligibles sont libres de s’y investir.

    Au final, notre choix a tenu compte de la formulation de l’Espace atlantique dans sa version 2000-2006. Des raisons pragmatiques l’ont arrêté : une période coïncidant avec celle du travail de thèse, la continuité géographique proposée, de l’Ecosse à l’Andalousie, qui évite l’élimination de régions littorales, et, l’intégration de régions non littorales voisines, maintenant les liens évidents de proximité interterritoriale qu’il semblait inopportun d’ignorer.


    BAILLY A., FERRAS R., 2004, Eléments d'épistémologie de la géographie, Paris: Colin.
    DI MÉO G., 1998, Géographie sociale et territoires, Paris : Nathan Université, coll. Géographie, 320 p.


    Fiche informative

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    Discipline

    Géographie

    Directeur

    Jacques Guillaume

    Université

    Nantes – LETG - Géolittomer

    Membres du jury

    - Jacques Guillaume, Professeur, Université de Nantes (directeur)
    - Guy Baudelle, Professeur, Université de Rennes (rapporteur)
    - François Madoré, Professeur, Université de Nantes (président du jury)
    - Louis Marrou, Professeur, Université de La Rochelle (rapporteur)
    - Jean Soumagne, Professeur, Université d’Angers (examinateur)

    Situation professionnelle actuelle

    travailleur indépendant

    Contact de l’auteur

    olivier.balbastre@laposte.net

     

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